La haine comme appel au lien : cliniques de l’excès et de l’adresse
De plus en plus d’enfants sont adressés en consultation parce que leurs parents, leur école ou les services sociaux disent ne plus pouvoir les contenir. Colères, insultes, coups et expressions de haine mettent en échec les dispositifs habituels. Cet article propose d’interroger la haine non comme un signe de pathologie individuelle, mais comme l’expression d’un débordement relationnel et social. À partir de vignettes cliniques et de références théoriques, il montre comment la haine traverse les corps, les familles et les institutions. L’hypothèse centrale est que la réponse éducative actuelle, centrée sur la gestion individualisée des émotions, tend à isoler des affects qui ne prennent sens que dans le lien. La clinique invite dès lors à ne pas neutraliser la haine, mais à l’accueillir comme une matière à symboliser dans un espace partagé. Le rôle du thérapeute est de soutenir cette élaboration, en offrant aux parents et aux enfants un contenant où la haine puisse être reconnue, pensée et transformée.
- haine
- enfance
- adolescence
- thérapie systémique
- symbolisation
