La haine en jeu
Cet article propose une réflexion sur la fonction symbolisante du psychodrame psychanalytique de groupe auprès d’adolescents présentant des troubles cognitifs et des inhibitions marquées dans l’expression, notamment, de l’agressivité. À partir d’un travail clinique mené au sein d’un SESSAD en région parisienne, il interroge les conditions permettant la transformation d’une haine agie ou retournée contre soi en une haine représentable et partageable. Le cadre groupal constitue un espace transitionnel dans lequel les mouvements pulsionnels peuvent être figurés et rejoués dans un cadre médiatisé par le jeu. Ce dispositif, co-animé par trois cliniciennes, s’appuie sur une élaboration progressive à travers les mises en scène, les interprétations et les temps de reprise. L’analyse de séquences cliniques illustre la manière dont certains adolescents, initialement en retrait ou en difficulté d’expression, parviennent peu à peu à s’approprier une parole, à mettre en forme leurs conflits internes ou à élaborer des plaintes corporelles récurrentes. Cet article met ainsi en lumière la capacité du psychodrame à soutenir une élaboration groupale de la haine, en favorisant un déplacement de l’excitation pulsionnelle vers des formes représentables, contribuant au processus de subjectivation à ce moment critique du remaniement pubertaire.
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