De la haine au meurtre parricidaire : étude auprès de quatre hommes hospitalisés en UMD

Par Camille Hatim-Porcuna, Laury BION, Emma ROUCHY
Français

Cet article explore les dynamiques psychiques à l’œuvre chez des sujets parricides à partir de quatre protocoles du Thematic Apperception Test (TAT), réalisés auprès d’hommes hospitalisés en Unité pour Malades Difficiles (UMD). L’analyse met en lumière les modalités de mise en scène de la conflictualité interne, du lien à l’objet parental et des processus de différenciation psychique. Les résultats révèlent des configurations cliniques contrastées : les matricides s’accompagnent de récits plus riches en termes de processus, souvent marqués par l’envahissement archaïque, tandis que les patricides s’organisent autour d’un appauvrissement narratif, traduisant une forclusion de l’autorité symbolique. Au-delà de l’expression d’une haine manifeste, une hypothèse se dégage : et si le passage à l’acte ne traduisait pas tant une haine, qu’un défaut d’haïr ? Là où la séparation n’a pu s’opérer psychiquement, l’Autre parental ne peut être ni aimé ni haï, car il n’a jamais été symboliquement constitué comme distinct. Le meurtre viendrait alors marquer, dans le réel, cette coupure impossible. Le TAT s’avère ici un outil pertinent pour approcher les impasses subjectives précédant l’acte, révélant les zones muettes où la parole et la pensée ont échoué.

  • parricide
  • matricide
  • TAT
  • tests projectifs
  • médico-légal
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