Quand la haine fracture les familles – pour une thérapie de la reliance
Cet article analyse la haine familiale comme un processus relationnel systémique, structuré par des boucles interactionnelles, des loyautés invisibles et des récits figés. Nourrie par des injustices perçues et des héritages transgénérationnels, elle altère la sécurité relationnelle, rigidifie les frontières et fige les identités. Nous proposons la « thérapie de la reliance », une approche intégrative visant non pas la résolution complète du conflit, mais la restauration d’un lien minimal protecteur. Elle se distingue par la combinaison méthodologique qu’elle mobilise – narration, éthique relationnelle, rituels et dispositifs collectifs – et par sa temporalité fondée sur des micro-mouvements progressifs. S’appuyant sur des références classiques (Boszormenyi-Nagy, 1973, 1986 ; White et Epston, 1990, 2007 ; Minuchin, 1974) et des travaux récents sur les rituels et la thérapie multifamiliale (Hobson et al., 2018 ; Asen et Scholz, 2020), l’article présente ses piliers conceptuels, principes cliniques, étapes et outils spécifiques. Trois vignettes – trahison conjugale, conflit transgénérationnel et clivage idéologique – illustrent cette pratique et mettent en évidence trois invariants : reconnaissance de la fonction systémique de la haine, création d’un espace tiers sécurisé et mise en œuvre d’un acte symbolique transformateur.
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- thérapie de la reliance
- approche systémique
- justice relationnelle
- conflits familiaux chroniques
- rituels thérapeutiques
- groupes multifamiliaux
