Adolescents en guerre : figures contemporaines de la haine, entre idéal sacrificiel et déni du féminin
Cet article interroge la haine comme mode d’inscription subjectif chez certains adolescents radicalisés, en mettant en lumière les logiques psychiques qui sous-tendent la violence sacrificielle et le rejet haineux du féminin. À partir de vignettes cliniques issues de suivis psychothérapeutiques menés en France et en Tunisie auprès de jeunes radicalisés ou en voie de radicalisation, l’article explore comment la haine devient à la fois enveloppe défensive contre l’effondrement narcissique et espace d’identification mortifère. Le féminin, en tant qu’altérité interne, y est souvent perçu comme menaçant, associé à la passivité, à la fragilité ou à la castration. Le processus de radicalisation est analysé comme une tentative de rétablissement identitaire par la maîtrise, le clivage et l’idéalisation du sacrifice. Entre impasses identificatoires, conflits de loyauté transgénérationnels et échos post-traumatiques, ces jeunes incarnent une haine qui dit autant l’échec du lien que la quête d’un sens absolu. L’article s’appuiera sur les apports de la psychanalyse (Freud, Kaës, Roussillon, Kestemberg), des travaux sur la radicalisation (Fethi Benslama, T. Hassan), et sur une réflexion anthropologique autour de la violence rituelle et du corps sacrifié.
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