L'espace de la passion dans la mélancolie : quelle place pour la séparation ?

Séparations impensables, séparations impossibles
Par Silvia Lippi
Français

Résumé

En guise d’introduction, l’auteur analyse le rapport entre amour et désir : une séparation d’avec l’image idéale de soi est nécessaire pour que le désir puisse se mettre en place, bien qu’il ne s’agisse pas, évidemment, d’une séparation définitive : pour tout sujet, le rapport narcissique du désir subsiste. Dans le deuil « normal » comme disait Freud, cette image idéale de soi est ébranlée, à cause de la perte de l’objet d’amour qui la soutenait. Dans la mélancolie, la forme particulière d’identification à l’objet – une véritable incorporation – bloque le sujet dans toute prise de distance d’avec lui. La difficulté de toute séparation dans la mélancolie ne dépend pas d’une problématique spéculaire, mais de la chute du voile imaginaire qui entoure l’objet d’amour désormais perdu, objet auquel le sujet s’identifie, tragiquement, non sous la forme de l’idéal mais comme déchet, ordure, néant.

Mots-clés

  • objet
  • deuil
  • idéal
  • identification
  • incorporation
Voir l'article sur Cairn.info